De la maternelle à l’hémicycle

Si je devais résumer le fil rouge de mon mois de février, je dirais : l’engagement.
Je vous parlais le mois dernier du podcast de mon amie Alexandra Sophrologistqui s’est découverte sportive sur le tard. Moi, je me suis découverte engagée sur le tard.

Et pourtant, en y repensant, ça a toujours été là. On m’a souvent décrite comme « très engagée ». Mais cela voulait surtout dire : investie, sérieuse, impliquée. La bonne élève, quoi.

Aujourd’hui, ce mot a changé de sens. Ce n’est plus un engagement de bon petit soldat. C’est un engagement au service du collectif et de mes convictions.

Longtemps, je me suis crue apolitique. Pour moi, la politique, c’était appartenir à un parti, débattre avec conviction, avoir un avis tranché sur tout. Je ne m’y reconnaissais pas.
Puis j’ai compris que mes sujets de cœur - santé, bien-être, écologie et éducation - sont profondément politiques. Parce qu’ils concernent le collectif.

Ce mois-ci, j’animais un atelier sur les fruits et légumes d’hiver dans la classe de mon fils. J’interviens quatre fois dans l’année pour parler de saisonnalité : apprendre aux enfants que tout n’est pas disponible tout le temps. Que la nature a des cycles et que ces cycles comptent.

À première vue, cela paraît basique. Et pourtant en février, je vois des tomates cerises partout, des fraisiers chez les boulangers. Le “hors saison” est banalisé. Cela me paraît essentiel de revenir aux fondamentaux. Parce que visiblement, ils ne sont pas acquis.

Les fondamentaux c’est aussi “respirer, manger, boire et vivre sans être empoisonnés » comme le rappelle Pénélope Bagieu dans ce post.

L’actualité de la semaine dernière m’a fait bondir : le débat à l’Assemblée nationale autour de la loi Duplomb, déclenché par une pétition de deux millions de signatures, un record historique. Cette loi, dont je vous parlais en juillet dernier, assouplit l’usage de pesticides pourtant contestés par de nombreux scientifiques et médecins.

J’attendais un vrai débat. J’ai vu un hémicycle quasi vide, un mépris face au soulèvement citoyen. Les mêmes arguments répétés en boucle par la ministre de l’agriculture : “Pas d’alternative. Pas de preuve scientifique.”
Vraiment ? Un nombre de cancers qui double depuis les années 90. Des cancers de plus en plus précoces.

Ce qui me bouleverse et me met en colère, c’est le sentiment que l’Etat choisit de ne pas nous protéger.

Récemment, Fleur Breteau, porte-parole du collectif Cancer Colère, parlait de “violence chimique”. Cette expression met des mots sur notre exposition permanente, invisible et banalisée à des substances dont on sait qu’elles ne sont pas neutres. Oui c’est violent !
Donc, on va le répéter encore et signer la nouvelle pétition : Non c’est Non, Monsieur Duplomb !

Ce mois de février m’a appris que l’engagement ne commence pas dans les grandes déclarations. Il est avant tout dans nos actions quotidiennes.
Peut-être que je suis une late bloomer de l’engagement, loin des Greta et des Camille Étienne que je trouve inspirantes. Mais je crois que l’engagement n’a pas d’âge et qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à se sentir concernée.

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